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ALBI PETIT CARRE BAS
22/05/2009

ULTRA - 48 HEURES DE SURGERES
Déjà 6 heures, un premier cycle




La piste du stade de Surgères mesurant 301,59 mètres, les concurrents, ceci afin d'équilibrer les douleurs articulaires et musculaires, changent de sens de rotation toutes les 6 heures. A 16 heures les 24 participants ont débuté leurs révolutions autour de cet anneau en cendrée dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Ce premier cycle, eu égard à la durée globale de l'effort pourrait sembler sans importance. Or, il apparaît cependant crucial. Ce d'autant plus lorsque les conditions climatiques se révèlent peu clémentes.


Hier, Michel Landret, l'organisateur de cet événement, pourtant au courant des dernières prévisions se montrait peu optimiste, puisque de la pluie était à prévoir. Mais aux confins de la Charente-Maritime, à une trentaine de km de l'océan, les conditions climatiques varient très vite et en lieu et place d'ondées ravageuses, un soleil radieux avec pour corolaire une température estivale a accueilli les coureurs.
Soucieux, Aki Inoué le coach des Japonais ne manifestait pas un enthousiasme débordant en ce début d'épreuve : « Par rapport à hier, je trouve qu'il fait vraiment chaud et il n'y a même pas un nuage pour apporter un peu d'ombre aux coureurs. Heureusement qu'il y a un peu de vent pour les rafraîchir. Toutefois, ils ont intérêt à bien s'hydrater sinon, ils vont se dessécher et finir par se déshydrater avant l'heure. Je vais veiller à ce que mes athlètes ne tombent pas dans ce piège, qui aurait des conséquences plus tard ».

Bernard Gaudin partage ce sentiment de prudence. Actuellement référent 24 heures auprès de la FFA, il a tenu à se rendre aux 48 heures de Surgères. D'une part, il réside dans la région et d'autre part, il a été un des pionniers de cette discipline en France. 20 ans en arrière, lors de la 3ième édition, il a eu l'occasion de fouler cette cendrée. Second derrière Gilbert Mainix, vainqueur à plus de 400 km, Bernard s'était satisfait de 359 km.


Passionné par l'ultrarunning et fort de son vécu en la matière, ses observations tombent sous le bon sens : « Excepté les meilleurs et ceux susceptibles de l'emporter, en raison de leur palmarès, trop de coureurs partent trop vite. Seuls les favoris ne prennent pas un risque inconsidéré en progressant à une moyenne de 11 k/h au cours des premières heures. Certains transpirent trop. Cela signifie, soit qu'ils ne sont pas au top de leur forme, soit qu'ils sont à cours de conditions, soit qu'ils sont partis trop vite. Regarde les Japonais et Conraux, on dirait qu'ils glissent sur la piste. Leur maillot est sec et rien ne semble les perturber, tandis que d'autres piochent déjà, dégoulinent et cherchent l'air. En plus, je ne comprends pas pourquoi la plupart attrape leur ravitaillement au vol. Il ne s'agit pas d'un marathon. Les 20 secondes qu'ils perdraient en s'hydratant en marchant, cela leur éviterait de galérer plus tard et sans doute cela leur permettrait de cumuler plus de kilomètres au final. En fait, trop de coureurs ne sont pas assez à l'écoute de leur corps et préfèrent occulter leurs sensations, parce qu'ils sont obsédés par le chrono, alors que la course ne va commencer que le second jour. Là, ça ne reste que le début d'une mise en condition, où il faut trouver ses marques. Et finalement, dès les premières heures de course, à des signes qui ne trompent pas on reconnaît les plus grands. Yiannis Kouros n'hésitait pas à s'arrêter quelques minutes en début d'épreuve et à faire un étirement, s'il sentait la moindre gêne au plan musculaire. Pareil Anne-Cécile Fontaine n'a pas hésité à alterner marche et course durant les mondiaux des 24 heures à Bergame et cela assez rapidement. Ca ne l'a pas empêchée de décrocher le titre et de manquer de peu le record du monde. Et elle n'avait qu'à durer 24 heures. Alors, imagine comme les erreurs vont se payer au centuple pendant la 2ième journée. »

A 22 heures, à la fin de ce premier cycle, sans évidemment préjuger du résultat final, chaque coach, chaque assistant dresse un premier bilan et en ce qui concerne les favoris tout se passe bien. Aki Inoué confirme : « Otaki, Sekiya, Sumie et Mami respecte leur timing et ne manifestent aucun signe de fatigue. Si tout fonctionne bien, ils vont respecter leur allure jusqu'à minuit, soit à pratiquement 11 k/h. Ensuite, j'aviserai avec chacun d'entre eux. En plus la température se rafraîchit sans devenir froide. Aussi, l'Américian Geesler et le Français Conraux me font bonne impression. Je trouve qu'ils courent tout en douceur et le fait de changer de sens de rotation ne va pas les perturber. Je sais qu'il y a des coureurs qui ne supportent pas ça et que ça affecte. Ca ne leur est pas naturel »

En effet, Paul, l'un des assistants de « Manu » déclare : « Il fonctionne comme prévu et ne connaît pas de problèmes d'estomac. Il n'a jamais tant mangé. Je suis obligé de le freiner au niveau de l'alimentation »
Donc, la plupart des favoris ont bien abordé ces 6 premières heures en apparence sans importance, mais pourtant cruciale. Désormais, ils vont s'enfoncer dans la nuit et vivre une autre histoire. A suivre.

Texte et photos Christophe Rochotte


VERTICAUSSE FEV 10