
ULTRA : MONDIAL 2010 DES 24 HEURES
La sélection française
Les 13-14 mai 2010, Brive accueillera les championnats du monde des 24 heures. Bernard Gaudin, le référent de cette discipline auprès de la FFA dévoile la composition des équipes de France.
. Pouvez-vous nous révéler la composition des équipes de France ?
- Messieurs :
- Fabien Hobléa -
- Jacques Hinet
- Bruno Heubi
- Thierry Douriez
- Stéphane Collard
- Emmanuel Fontaine
- Dames :
- Anne-Cécile Fontaine
- Anne-Marie Vernet
- Brigitte Bec
- Françoise Chollet
- Karine Herry
- Sylvie Peuch
. Quelles étaient les modalités de sélection ?
- La sélection s'est faite ainsi. Dans un premier temps on a procédé à un tour d'horizon de toutes les performances réussies depuis les championnats de France de Brive, en 2008. A partir de là, 10 athlètes masculins et 10 féminines étaient susceptibles d'intégrer la sélection en vue du mondial 2010. Le premier critère de sélection que l'on privilégie, prend en compte les résultats obtenus à l'occasion des championnats du monde et des championnats de France. Le second concerne les performances qui ont été réalisées hors championnats en 2009.
Ont été retenus en fonction du premier critère :
- Anne-Marie Vernet, Championne du monde 2008 à Séoul : 239,685 km
- Fabien Hobléa, vice-champion du monde 2008 à Séoul : 266 km
- Sylvie Peuch, 6ième championnats du monde à Séoul : 220, 289 km
- Anne-Cécile Fontaine, championne du monde 2009 à Bergame : 243,644 km
- Brigitte Bec, vice-championne du monde 2009 à Bergame : 234,644 km
- Bruno Heubi, 9ième championnats du monde 2009 : 228,903 km
- Thierry Douriez, 15ième championnats du monde 2008 : 238,690 km et 10ième mondial 2009 : 223,834 km
- François Chollet, championne de France 2009 : 212,827 km
- Jacques Hinet, champion de France 2009 : 240,229 km
Qualifiés au regard du second critère :
-Stéphane Collard, 245,512 km
-Emmanuel Fontaine, 243,570 km
-Karine Herry, 213,472 km
. Pourquoi Patrice Bruneteau, qui apparaît second au bilan 2009 et qui a réussi 242,740 km hors championnat n'a-t-il pas été sélectionné ?
- Déjà, la FFA a toujours privilégié les performances réalisées en championnats, même si elles apparaissent moins bonnes que certaines réussies hors championnats, parce qu'il est toujours plus difficile de sortir un excellent score à l'occasion du national, ou du mondial, où il existe la pression liée à l'aspect officiel de la compétition.
Ensuite, comme nous ne souhaitons pas qu'il y ait une désaffection du championnat de France, le vainqueur est systématiquement retenu pour le mondial de l'année suivante, en raison du calendrier.
Par exemple, cette année le France avait lieu le même week-end que le mondial.
Enfin, beaucoup de bilans ont été établis à l'issue des 24 heures d'Aulnat, le 07 novembre, or la saison n'était pas encore terminée. Le 22 novembre se sont déroulées les 24 heures de Monaco, une épreuve labellisée. Là, Emmanuel Fontaine a cumulé 243,570 km et il était donc logique de l'incorporer dans l'équipe, puisqu'il est devenu second au bilan de la saison 2009. De la sorte, tout est clair et conforme aux modalités de sélection. Donc, il ne saurait y avoir de polémiques.
. Cette problématique de la sélection ne démontre-t-elle pas le haut niveau du 24 heures français ?
- Tout à fait. Le niveau est très relevé. 10 hommes qui ont déjà courus plus de 240 km et 10 femmes à plus de 220 km étaient susceptibles de rentrer en équipe de France. Cela n'a pas toujours été le cas.
. Quelle explication apporteriez-vous à cette augmentation du niveau des performances ?
- La FFA est très bien organisée dans le domaine de l'ultra. Même si les moyens sont limités, elle s'intéresse à son équipe nationale. Les athlètes sont suivis, bénéficient de stages et ils sont pris en charge, lorsqu'ils se rendent aux championnats du monde. Ce que peu de fédérations font. Tout ça motive les athlètes. Une émulation se crée et les performances sont à la hausse. Aussi ne négligeons pas le rôle de la presse spécialisée qui nous a porté plus d'attention, quand il y a eu des résultats au plus haut niveau.
Cela incite des coureurs à tenter l'aventure du 24 heures et à se dire pourquoi pas moi. Au sujet des médias, je tiens à préciser que France 3 Paris et France 3 régions assureront une large couverture de ce mondial. Et cette synergie ne concerne pas uniquement l'élite.
Le 24 heures connaît de plus en plus d'adeptes, un nombre croissant d'épreuves et de plus en plus de participants qui parviennent à passer les 200 km. Désormais, les championnats de France refusent du monde et imposent des minima de qualification. On ne voyait pas ça, il y a 5 ans.
. Que peut espérer l'équipe de France à ce championnat du monde ?
- On peut espérer des médailles par équipe et à titre individuel. Côté féminin, on vise la victoire par équipe et au moins une médaille individuelle. Chez les hommes, une médaille par équipe semble envisageable. Voilà, 3 médailles, tel est notre objectif de base.
. Jouer à domicile est-ce un avantage ou un inconvénient ?
- L'avantage, c'est que l'on connaît cet environnement. La plupart des coureurs de l'équipe ont déjà arpenté ce circuit et sur ce parcours conçu au centre ville, nous ne manquerons pas d'encouragements. Contrairement à Bergame, il n'y aura aucune circulation à proximité des coureurs. Donc, pas de pollution. L'inconvénient demeure que nous allons être attendus au tournant et que la moindre petite erreur sera pointée.
. Au fait, que vous inspirent les 254 km réussis le 13 décembre par la Japonaise Mami Kudo ?
- C'est une superbe performance. Je ne suis qu'à moitié étonné. D'une part les Japonais sont très rigoureux dans leur préparation et cette athlète n'est pas une inconnue. D'autre part la discipline demeure dans une logique de progression. Dans les années à venir, on verra de plus en plus de filles à 250 km et des hommes à 280, voir 300 km. Le 24 heures est en pleine ébullition.
. Christophe Rochotte
. Photo : Christophe Rochotte




