S'abonner au bulletin d'infos gratuit
Email :
ASICS : GEL NIMBUS 11
ASICS : GEL NIMBUS 11 : La chaussure du Marathon de Paris Partenaire officiel du Marathon de Paris pour la deuxième année consécutive, Asics lance une chaussure exclusivement conçue pour cet événement majeur en Europe.

NOUVEAUTÉ TEXTILE : ERIMA
NOUVEAUTÉ TEXTILE : ERIMA : Découvrez la nouvelle ligne Alpha Running Avec sa ligne ALPHA Running, ERIMA présente aux coureurs une collection particulièrement innovante et très technique.

VO2 MAX 01/09 HAUT
ALBI PETIT CARRE BAS
09/06/2009

ULTRA - MONDIAL DES 100 KM
Magali Reymonenq chef de file à Torhout




A l'instar de Pascal Fétizon, Magali Reymonenq cumule également 10 sélections d'affilée aux championnats du monde des 100 km, contre 3 à Patricia Signorio et une à Céline Cormerais, qui va se lancer dans le grand bain international. Ainsi, forte également d'un palmarès fourni et de son expérience des grands championnats, cette méditerranéenne apparaît comme la chef de file de cette équipe de France, qui visera avant tout un podium par équipe.


. Que s'est-il passé aux championnats du monde l'an passé ?
- Toute une conjonction de facteurs a fait que j'ai fini par abandonner. Avant l'épreuve, lors du dernier stage avec l'équipe de France j'ai appris qu'en 2009, je ne figurerais plus sur la liste ministérielle des athlètes de haut niveau. Pourtant, en 2007 j'avais réalisé 7h 42' et pris la 6ième place du mondial. Ca m'a déstabilisé. Ca m'a mis un coup. Je me voyais perdre le bénéfice de mon emploi à mi-temps. Malgré tout, croyant avoir surmonté cette mauvaise nouvelle, j'ai décidé de m'aligner au mondial, déterminée à aller au bout. Sinon, autant rester chez soi. Après, il faut admettre que l'équipe féminine n'était pas au top. Donc, une fois que je suis rentrée dans le dur, tout ce qui était enfoui en moi est remonté à la surface. Ce, d'autant plus que les autres filles n'étaient pas très bien et mettaient le clignotant au fil des kilomètres. Aussi, il faut reconnaître que nous sommes parties sur des bases trop élevées. Les kilomètres étaient mal étalonnés et comme l'on ne pouvait pas se référer au temps de passage, on courait à la sensation. Tous ces éléments cumulés ont fait qu'à un moment, j'ai senti que terminer allait relever de la mission impossible et n'étant pas superwoman, malheureusement j'ai dû laisser tomber.


. Comment as-tu fait afin de te remotiver pour ce Mondial ?

- J'avoue que durant les 4, 6 mois suite à mon abandon, je n'étais pas bien. Je n'avais plus envie de me battre. Cet hiver je n'ai pas couru les cross, je n'ai pas fait de VMA, ni aucun travail de vitesse. En plus, on ne savait pas trop si la fédération inscrirait une équipe féminine aux championnats du monde. On n'était plus que 3 à pouvoir y prétendre, puisque certaines filles allaient privilégier le marathon et Brigitte Bec, la championne de France 2008 a préféré opter pour le mondial des 24 heures, puisqu'en 2007 et 2008 elle a décroché l'argent dans cette discipline. Mais à un moment, en dépit de cette incertitude et de ce que j'avais vécu en 2008, l'envie de repartir sur 100 km m'a repris. Je me suis mis à y croire de nouveau et je ne désespérais pas d'être sélectionnée à titre individuel. Et même quand j'ai connu un passage à vide, je ne suis pas restée sans rien faire. J'ai continué à m'entraîner, mais essentiellement à base de foncier. En février, j'ai été invitée au Marathon de Tahiti et je l'ai couru sans problème dans le respect de mon allure 100 km. Ce voyage m'a fait du bien. En avril, j'ai enchaîné avec le Marathon de Rotterdam, toujours dans la même optique. Puis, j'ai appris que la sélection pour le mondial aurait lieu en mai, à l'occasion du Marathon du Louvres, où pour décrocher mon billet pour la Belgique, je devais réaliser 2h 55'. N'ayant pas suivi de préparation spécifique, je n'étais pas sûre que ça passe. Au final, j'ai terminé en 3h 00'13''. Cependant, en raison de conditions de course dantesques liées à la chaleur, Pascal Chirat, le responsable du hors stade a décidé de me repêcher, parce que 3 heures ça te rend capable de sortir un chrono sur 100 km. Pour réussir 7h 45', il faut passer en 3h 15' à la marque du marathon. Or un chrono de 3 heures laisse de la marge. Surtout que je possède plus de qualités en endurance, qu'en vitesse.


. Comment s'est déroulée ta préparation ?

- En fait, elle a débuté en février, où j'ai couru le marathon de Tahiti. Après, j'ai couru tous les jours et j'ai profité des vacances scolaires, où j'ai fonctionné par blocs de travail de 8 jours. Là, je m'entraînais deux fois par jour et j'ai également travaillé la vitesse. Toutefois, je n'avais pas la certitude d'être sélectionnée et cette préparation a été un peu décousue. Quand tu as une échéance à respecter, ce n'est pas pareil. Là, j'étais un peu dans le flou.


. Avec quelle ambition abordes-tu ce Mondial ?

- Vu, comment s'est agencée la préparation, je préfère me fixer un objectif raisonnable. En stage, j'ai annoncé 8 heures. Mais, durant les entraînements à l'allure 100 km, je cours toujours plus vite, qu'à 12,5 km/h. Donc, cela voudrait dire, qu'il va falloir que je me freine et que je progresse à un rythme, qui ne m'est pas vraiment naturel. Ce que m'a fait remarquer Bernard Pelletier, mon entraîneur. Il m'a conseillé de partir sur 7h 50', 7h 55'. Sinon, à vouloir débuter trop lentement, j'aurais tendance à m'endormir et à un moment donné, je risque de me fatiguer pour rien. Donc, je partirai pour un chrono situé entre 7h50' et 7h55'. Je vais me concentrer sur ce rythme et on verra bien, ce que cela donnera.


. Quid des deux autres filles ?
- Patricia Signorio s'est fixée un objectif de 8h 15' et Céline Cormerais, un chrono de 7h 55'. Peut-être pourra-t-elle accélérer en fin de parcours et sortir une grosse performance. En stage elle a été impressionnante, lors des séances de VMA et son record sur marathon est de 2h 38'.


. Puisque vous n'êtes que 3, afin que l'équipe soit classée vous êtes toutes condamnées à aller au bout. Ainsi n'allez-vous pas être incitée à jouer la prudence ?

- Notre ambition va consister à viser un podium par équipe. Il ne va pas falloir commettre d'erreurs. Si à un moment donné, on sent que l'on ne pourra pas atteindre nos objectifs individuels, il nous restera à adopter une attitude zen et surtout à ne pas stresser. Il vaut mieux lever un peu le pied et terminer, que de s'échiner à insister et de risquer de tout gâcher. Comme l'an dernier nous avons toutes abandonné, là il ne faut pas que l'on se loupe.


. Comptes-tu continuer sur 100 km jusqu'à épuisement de sélections ?
- Je suis encore jeune. J'aimerais pouvoir continuer encore 2, 3 ans. Je me dis que je peux encore sortir un bon chrono et même battre mon record. Si je fais un bon résultat à Torhout, ça va décupler ma motivation pour 2010 et là je reviendrai à un mode de préparation différent, qui impliquera de travailler plus la vitesse.


. Plus tard vas-tu te lancer sur les 24 heures ?

- J'ai cette idée en tête, mais tant que ça fonctionnera sur 100 km, je ne tenterai pas les 24 heures.


. Et le Marathon des Sables ?

- Je préférerais des trails longs. Courir dans le sable et porter un sac à dos, ce n'est pas trop mon truc.


. Enfin, comment envisages-tu ton avenir professionnel ?

- Je réside à Nice et l'organisme pour lequel je travaille dépend du Conseil Général des Alpes-Maritimes. Quand j'ai été rayée de la liste ministérielle, j'ai écrit à Mr Estrosi, maire de Nice et président du Conseil Général. Or depuis plusieurs années, le Conseil Général me soutient et Mr Estrosi, ancien sportif de haut niveau s'intéresse à ma pratique athlétique et à mes résultats. Il a été sensible à ma situation, il a décidé de me faire confiance une année de plus et j'ai été maintenue dans mon mi-temps. Sinon, cela fait maintenant 3 années que je commence à me recycler et à envisager ma reconversion, parce que je sais que cette situation aura une fin. Je veux travailler dans le sport. J'ai passé le 1er et 2nd degré du brevet d'état d'entraîneur et je suis des tas de formations. Par exemple en octobre, j'en ai suivi une intitulée : Promouvoir et organiser une manifestation sportive. Je me suis également intéressée au droit du sport et je suis inscrite au CNED, parce qu'en 2010 je vais passer le diplôme d'éducateur sportif. Comme ça, quand je reprendrai un emploi à plein-temps, je le ferai dans un domaine que j'adore.


MAGALI EN BREF

- 40 ans
- Secrétaire au sein d'un service social
- Club : Nice Côte d'Azur Athlétisme
- Entraîneur : Bernard Pelletier
- 100 km : 7h 41'23'', championne de France 99,
  2ième aux Europe 99 et 2005, 4ième au Mondial
  en 2000 et 6ième au Mondial 2007
- Marathon : 2h 45'45''
- Semi : 1h 18'21''
- 10 km : 36'20''

Propos  recueillis par Christophe Rochotte


SENART MAR.