MARCHE ATHLETIQUE
Sébastien Biche : Champion de France du 50 km
Pour la 3ième fois et ce de manière consécutive, Sébastien Biche a décroché le 25 octobre à Roubaix, le titre de champion de France du 50 km. Agé de 36 ans et licencié à l'AVIA Club d'Issy-les-Moulineaux, il l'a emporté en 3h58'14'' devant Bertrand Moulinet, 4h04'13'', (nouveau record de France espoir) et Eddy Roze, 4h09'23''. En 2010, il espère battre son record de 3h56'43'' à l'occasion de la coupe du monde, ou des championnats d'Europe, s'il réintègre l'équipe de France.
.Dans quelles circonstances avez-vous débuté sur 50 km ?
-Cette discipline me plaisait. En 95, espoir j'avais battu le record de France. Ensuite, je me suis pas mal blessé et j'ai décidé de redescendre sur le 20 km. Mais, avançant en âge les qualités physiologiques évoluent. Donc, j'ai décidé d'y revenir, car forcément cette distance fait plus appel à des efforts en aérobie, plus adaptés à des trentenaires. Aussi, ce que j'ai toujours apprécié sur le 50 km, c'est son aspect psychologique et la stratégie qu'il implique. Alors, depuis 2 ans je me suis spécialisé sur le 50 et je n'ai pas eu à le regretter, puisque je viens de remporter mon 3ième titre de champion de France, de façon consécutive. Ce qui motive à persévérer.
.Et dans le monde de la marche vous n'êtes pas un inconnu. A quoi correspondent vos 13 sélections en équipe de France ?
-Chez les jeunes, j'ai participé à des matchs internationaux et une fois senior, j'ai été sélectionné à des coupes d'Europe et à des coupes du monde. Mais, je n'ai jamais participé à de grands championnats, style : Europe, mondiaux, JO. Et mon moteur, c'est-à-dire ce qui me pousse à continuer, c'est la possibilité de pouvoir envisager un jour, une de ces grandes sélections.
.Comment s'est déroulée cette saison 2009 ?
-J'ai participé à la Coupe d'Europe à Metz. Cette épreuve devait me servir de tremplin pour les mondiaux de Berlin. Or, j'ai vécu un jour sans. Dès le début, je n'étais absolument pas bien. Je me suis écroulé au 30ième km, j'ai été contraint à l'abandon au 35ième et adieu Berlin. Jamais, je n'ai été dans l'allure. Pourtant, à l'entraînement je me sentais très bien. Je pense que j'en ai peut-être fait un peu trop.
.N'étant pas retenu en équipe de France, vous décidez de préparer le France du 50 km en fin de saison. Quel était votre objectif chronométrique ?
-Au niveau chronométrique, je n'avais pas vraiment d'ambitions. Ce qui m'intéressait, c'était de décrocher un 3ième titre, de façon à sauver plus ou moins ma saison et de retrouver un peu de crédibilité en vue des échéances internationales de 2010. En février, j'aurai 37 ans et à temps égal, la fédération voudra peut-être privilégier un marcheur de 30 ans. Donc, il me revenait de prouver que je peux devenir incontournable dans l'équipe de France. Bon, Yohann Diniz est au-dessus du lot, mais derrière si l'on compte Cédric Houssaye, Hervé Davaux et moi, nous sommes 3 athlètes à se valoir aux alentours des 3h56'.
.Comment avez-vous vécu ce France ? Et êtes-vous satisfait d'avoir terminé en moins de 4 heures ?
-Ce chrono me convient d'autant plus, que le circuit était difficile. D'autres marcheurs présents à cette épreuve pourraient le confirmer. Le circuit présentait un petit faux-plat et au-delà du 40ième km, on le sentait de plus en plus. Donc, je ne m'attendais pas à réaliser une grande performance. Je partais plus pour viser un temps entre 4h et 4h02', que pour un chrono de 3h58'14''. Je suis parti prudemment. Je suis passé en 25' au premier 5000, soit sur des bases de 4h10'. Je tenais à gérer mon potentiel, sans trop faire attention à ce qui se passait en tête de course. Constatant que j'avais de bonnes sensations, j'ai accéléré progressivement et au 30ième km, je suis revenu sur Antonin Boyer, vice-champion de France du 20 km parti relativement rapidement et qui par la suite, s'est étiolé doucement. Il est jeune et sans doute, manque-t-il d'expérience. Le 50 km exige de la bouteille. Après, au 40ième km j'ai rattrapé Bertrand Moulinet. Indépendamment du chrono, où je suis satisfait, c'est que je n'ai pas coincé au 45ième km. D'habitude, à ce point d'une épreuve je saute et les 5 derniers km relève du chemin de croix. Là, ça s'est passé très bien. J'ai couvert les 10 derniers km en 48'30'', quand d'habitude ça tournait autour des 52, 53'.
.Suite au mondial de Berlin, l'absence logique de Yohann Diniz, Cédric Houssaye et Hervé Davaux à ce championnat de France, n'a-t-elle pas constitué un obstacle à la réalisation d'un meilleur chrono ?
-Complètement. Cependant, en la présence de Bertrand Moulinet, Antonin Boyer et Eddy Roze, il y avait tout de même de beaux adversaires.
.Quelles seront les principales échéances internationales en 2010 ?
-Fin mai, il y aura la coupe du monde au Mexique, à Chihuahua et fin juillet, les Europe à Barcelone.
.Quelles vont être les modalités de sélection ?
-Je ne sais pas encore. On a commencé à évoquer ce sujet avec Pascal Chirat, le manager de la marche. Une équipe complète à la coupe du monde comprend 5 marcheurs. Normalement, j'ai une chance d'être retenu. Mais cette épreuve ayant lieu fin mai, pour des raisons liées à la récupération, Pascal ne veut pas que ceux qui participeront aux 50 km en refasse un second à 3 mois d'intervalle, lors des Europe. Quant aux Europe, la fédération ne peut engager que 3 athlètes et nous sommes déjà 4 à avoir réussi les minima A, fixés à 4h03'. Sachant qu'au vu de son palmarès et de ses chronos, la sélection de Yohann est incontestable, nous restons 3 pour deux places. Concernant ces deux places, on ne sait pas quels critères de sélection vont être retenus. Ainsi, j'espère participer soit à la coupe du monde, soit au championnat d'Europe.
.A choisir, que préférez-vous ?
-Je pense valoir mieux que 3h56'43'' et mon objectif serait de battre mon record à l'occasion d'un grand championnat. Donc, je préférerais intégrer la sélection pour les Europe de Barcelone.
.En vue d'un tel championnat, pourrez-vous vous préparer dans de bonnes conditions ?
-Oui. La SNCF est mon partenaire principal. Ensemble nous avons signé une convention d'insertion professionnelle et je bénéficie d'un emploi à mi-temps annualisé. Ainsi, lorsque je prépare de grands événements, je peux décider de me consacrer uniquement à l'entraînement.
.Enfin, rêvez-vous aux JO de Londres, qui pourraient marquer l'apothéose de votre carrière ?
-En 2012, j'aurai 39 ans. Je ne veux pas me projeter à trop long terme. Tant que je serai performant je continuerai, mais désormais mes objectifs ne dépassent pas une saison.
Christophe Rochotte
Photo : Mickaël Biche

