Accueil > ULTRA : 24 HEURES D'AULNAT
S'abonner au bulletin d'infos gratuit
Email :
MARATHON DE REIMS 0610 CARRE HAUT
ULTRA : 24 HEURES D'AULNAT
09/11/2009

ULTRA : 24 HEURES D'AULNAT
3 coureurs au-delà de 240 km

Comme dirait Maria Pierre, 1a première féminine, « Un 24 heures, on sait quand on commence, mais on ne sait pas comment on finit ».


Cette sentence pourrait s'appliquer à Stéphane Collard, le vainqueur. A deux heures de l'arrivée, il progressait encore sur des bases de 254 km, lorsque pris par un malaise, comme bloqué et dans l'incapacité de rejoindre son stand, il a été contraint de s'arrêter 45' sur le parcours.


Philippe Propage, son entraîneur, apporte cette explication : « Il a sans doute eu un petit malaise vagal. Il avait envie de vomir, mais il n'y parvenait pas et il ressentait des fourmillements dans tous ses membres. Ce problème est sans doute lié à la digestion. Si ces athlètes mangent peu, ils mangent souvent. L'organisme n'est pas habitué à un tel régime et la fatigue aidant, plus des conditions météos délicates, ça peut amener à ça. Le plus terrible, c'est que 15' avant que Stéphane sombre, jamais je n'aurais pu imaginer cela »


Mais monstre de volonté qu'est, Stéphane Collard réussira à repartir « Sans ça j'aurais perdu la course » : commente-t-il.


Et Stéphane de poursuivre : « Je suis reparti à la volonté, parce que je savais que pour espérer décrocher un ticket pour le mondial de Brives, gagner était une condition sine qua non. Aussi, il y a eu les mots de ma famille et de mon entraîneur. Je me disais aussi que je n'avais pas forcé autant, pour lâcher à la 22ième heure. Je m'en serais voulu. Au final, je suis satisfait. Je porte mon record à 245,512 km et je suis en position d'être sélectionné. Mais je suis horriblement fatigué. La nuit, il a fait 0° et il a plu souvent. Egalement, ce parcours n'était pas si facile. Il présentait beaucoup de virages et comportait une descente et une montée. »


Second avec 242,740 km, Patrice Bruneteau visait les 240 km, « En vue d'une éventuelle sélection ».


Content de son score, il déclarera : « Les conditions climatiques, qu'il s'agisse de la pluie ou du soleil, ça ne me dérange pas. Mais c'est vrai qu'il faut aimer se faire mal, quand on pratique ce sport extrême. On va chercher loin. C'est limite et pour le commun des mortels, on passe pour des barges. Je crois, qu'il faut avoir déjà souffert dans sa vie, pour faire un 24 heures. La course s'est très bien passée, excepté le problème lié aux puces. On n'avait pas vraiment de repères et ça a duré 9 heures, avant que tout revienne à la normale. Ma femme Véronique s'occupait déjà du ravitaillement. En plus, elle devait tout vérifier sur l'ordinateur. Ca n'a pas été facile pour elle. En tous cas, nous formons un duo d'enfer. Tout était bien calé.


Malgré, ça n'a quand même pas été une partie de plaisir. J'étais bien au niveau souffle, j'ai connu d'énormes douleurs musculaires aux cuisses. J'ai souffert pendant 12 heures, mais c'est le prix à payer pour aller au bout et il le faut. »


Thierry Douriez complétera le podium avec 240,347 km et se montrera particulièrement euphorique, une fois l'épreuve finie : « C'est génial. Je bats mon record. Je passe enfin les 240 km et ce dans des conditions difficiles, en raison du froid et du vent. La nuit, j'ai voulu bluffer. J'ai attaqué Patrice en pensant le distancer, mais il était plus fort. Mon intention était bien de m'arracher pour intégrer le club des 240 km. Cette année, en France nous sommes 4 : Jacques Hinet, Patrice Bruneteau, Stéphane Collard et moi. Ca nous classe International B. Je pense que ça devrait suffire pour rentrer en équipe de France »


Chez les femmes, la lutte pour la victoire a été moins intense et logiquement, suite aux l'abandons de Magali Reymonenq et de Sylvie Boissy, Maria Pierre a décroché la timbale en cumulant 207,156 km. « Je suis heureuse d'avoir gagné, même si je n'ai pas battu mon record. Je voulais aligner entre 215 et 220 km, mais à 6 heures de l'arrivée, en raison de douleurs terribles aux ischios et aux releveurs, j'ai été obligée de marcher »


Elle précède Chantal Pain, 193,907 km et Chantal Bois, 184, 115 km.


Résultat des courses, 3 athlètes s'envolent au-delà des 240 km et 12 émargent à plus de 200 km.

Christophe Rochotte

Photos : Christophe Rochotte